miroirs nomades

25 avril 2011

Racines

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Plus vous voulez vous élever, plus il faut avoir les pieds sur terre. Chaque arbre vous le dit. (Michel Tournier°

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Pushkar - Rajasthan - 2011

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06 janvier 2011

Back to India

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Départ le 26 janvier. Dans l'avion, direction l'Inde et le Népal. Comment? Heureuse...

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J'aime...

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Aimer, c'est être libre. Pour être libre, il ne faut pas avoir peur.

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07 décembre 2010

The Pondichery Cat

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Sur le marché, à Pondichéry, en Inde. Ce pays est un réservoir magique, où chaque instant prodigue des images incroyablement belles et/ou horribles. J'ai hâte d'y retourner.

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12 novembre 2010

Saison sèche

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C'était en Guinée, dans la réserve du Nimba. La vue que nous avions, derrière la maison que nous avons habitée pendant 5 mois sur un plateau herbeux où les exploitants miniers avaient construit une "cité", une dizaine de maisons disséminées sur cette étendue, comme une terrasse suspendue entre la plaine et les Monts Nimba. Le matin, pendant la saison sèche, de novembre à mars, la brume et les arbres offraient ce spectacle... Je n'ai pas la nostalgie de l'Afrique, mais quand je regarde cette photo, je glisse dans mes souvenirs comme dans un bain de chaleur...

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09 novembre 2010

Blue mood

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Automne... Lenteur des jours, paresse des nuits... Et tout est bleu, baigné de l'indigo des vertiges glacés. Mais sous la glace, le feu.

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16 septembre 2010

Summer sky

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12 mai 2010

vol de nuit

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Partir, si c'est fuir... alors fuyons!!! Le vent en poupe, les étoiles en ligne de mire... Partir...

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18 avril 2010

Pablo Neruda

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Il meurt lentement
celui qui ne voyage pas,
celui qui ne lit pas,
celui qui n’écoute pas de musique,
celui qui ne sait pas trouver
grâce à ses yeux.

Il meurt lentement
celui qui détruit son amour-propre,
celui qui ne se laisse jamais aider.

Il meurt lentement
celui qui devient esclave de l'habitude
refaisant tous les jours les mêmes chemins,
celui qui ne change jamais de repère,
Ne se risque jamais à changer la couleur
de ses vêtements
Ou qui ne parle jamais à un inconnu

Il meurt lentement
celui qui évite la passion
et son tourbillon d'émotions
celles qui redonnent la lumière dans les yeux
et réparent les coeurs blessés

Il meurt lentement
celui qui ne change pas de cap
lorsqu'il est malheureux
au travail ou en amour,
celui qui ne prend pas de risques
pour réaliser ses rêves,
celui qui, pas une seule fois dans sa vie,
n'a fui les conseils sensés.

Vis maintenant !

Risque-toi aujourd'hui !

Agis tout de suite!

Ne te laisse pas mourir lentement !

Ne te prive pas d'être heureux !

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Happiness can make you cry

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13 avril 2010

Bibian Blue

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steampunk

lace

Bibian Blue - Barcelona...

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06 avril 2010

Nocturne

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Hôtel Sunshine, Bénares, Inde. Février 2010

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04 février 2010

Partir

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1.L'énigme du voyageur

La vie est un voyage. Les voyages, ce sont les voyageurs eux-mêmes. Ce que nous voyons n'est pas fait de ce que nous voyons, mais de ce que nous sommes, ce que nous devenons.

2.L'épreuve de l'intranquillité

La vie est un voyage. Encore faut-il savoir ce que voyager veut dire. Trop souvent les voyageurs sont aveugles, et en fait on les voyage. Parfois il arrive quelque chose au voyageur.

3.Le labyrinthe de la création

La vie est un labyrinthe, dont il n'est nul besoin de s'échapper. Le labyrinthe révèle et forme d'un même mouvement l'homme qui s'y dessine et le paysage où il se déploie.

4.Le domaine du rêve

La vie est un rêve. L'automne décline l'été encore proche. La trace des choses et des êtres se dissout déjà, comme un sillage fragile que la mer efface inlassablement. On a cru aux décors, on s'y est même installé pour vivre, on a joué le jeu, sans savoir le sens de la pièce, s'il en est un.

5.L'évocation du monde

La vie est un roman. Vivre c'est évoquer la vie, à soi-même et au monde. Le roman du monde n'a pas d'autre auteur que les hommes, inventant le sens de leur vie par les évocations dérobées en chemin.

6.Le palais de mémoire

La vie est un palais de mémoire. Se souvenir est d'une grande volupté pour l'homme. Se souvenir est la vie même, mais d'une autre qualité. Chaque homme porte en lui un monde composé de tout ce qu'il a vu et aimé et où il rentre sans cesse, alors même qu'il semble parcourir un monde étranger.

(Extraits de Urbi et Orbi, long-métrage singulier et énigmatique de François Boutonnet).

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12 janvier 2010

Naked

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Coffee on sundays

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L'amour est une attente, et la douleur, une rupture subite et imprévisible de cette attente.
J.-D. Nasio

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10 octobre 2009

I can smell my own fragrance

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Citrons verts et moustiquaire

Montezuma

C’est l’heure de la sieste sous les tropiques. La canicule. Le galop des iguanes martèle le toit de tôle. Un filet de sueur dévale doucement le long de mon dos, et les fils de plastique du rocking-chair s’impriment sur ma peau.

Le jardin est suspendu au zénith, visité par les papillons, les vaches et les écureuils. Comme de grands balanciers, les bras des hibiscus chargés de corolles écarlates s’élancent au-dessus de la pelouse. Pas un souffle ne décoiffe les palmiers. Poussière étale sous les bananiers. La rue déserte est assoupie.

Dans la maison, seuls vrombissent les ventilateurs. La moustiquaire palpite dans l’air chaud brassé sans succès. Je rêve de cascades glacées, d’ombre fraîche, de brise et de jus de fruits dans de grands verres embués remplis de glaçons. Tant que dure la pleine chaleur, je ne fais rien d’autre qu’attendre. Accablée de paresse et de volupté, j’attends que s’éloigne le moment de la sieste.

Ces quelques heures de torpeur finissent par s’estomper petit à petit. Je m’ébroue mollement, me lève et marche pieds nus sur le carrelage blanc éblouissant. Le marchand de fruits passe devant le jardin. Il vend des pastèques, des oranges, des ananas, des melons.

Je fais parfois la lessive l’après-midi, dans la vieille machine à laver qui n’essore plus, sous la véranda à l’arrière de la maison. Les voisins écoutent de la salsa à la radio. Les draps se gonflent sur les cordes à linge. Le soleil en fait des voiles de navires prêts à appareiller vers le large.

Puis je descends à la plage, laver dans les hautes vagues vertes du Pacifique cette langueur accumulée. L’océan est chevauché par des dizaines de surfeurs aux muscles de bronze entre lesquels les pélicans viennent pêcher. Le ciel, maquillé de violet et d’orange, est immensément lumineux. Dès cinq heures le soleil glisse de l’autre côté de l’horizon à toute vitesse. Je remonte vers les cocotiers qui bordent le sable, vers le crépuscule qui descend sur les montagnes sanguines.

Dans les petites rues qui mènent à la plage, des odeurs de poisson grillé s’échappent des restaurants, sous les gigantesques bougainvillées qui montent à l’assaut des palmiers.

Des filles en maillot de bain déambulent dans des sillages de parfums intoxicants. Des vélos transportant des familles entières croisent des taxis rouges d’où s’échappe du reggae à plein volume.

La lumière se retire goutte à goutte du ciel transparent comme de l’eau. La nuit est bleue, elle crépite de milliers d’insectes ; elle se clôt telle une paupière lourde sur l’éclat du jour. Les frondaisons des palmiers se découpent en clair-obscur, griffures à l’encre de chine sur un vestige d’outre-mer.

La lune se pavane, suspendue à l’envers. La rumeur des vagues remonte au jardin. C’est l’heure la plus douce sous les tropiques, celle où les promesses de la nuit se lèvent, annonciatrices de danses brûlantes et chaloupées, de peaux luisantes et de regards fiévreux. C’est l’heure où se préparent les fêtes nocturnes, pour oublier la lenteur insensée des jours.

Costa Rica, hiver 2001

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28 septembre 2009

Hamac

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Cahuita, sur la côte caraïbe du Costa Rica. Un petit bout de paradis sur Terre.

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27 septembre 2009

Une roulotte sous les étoiles filantes

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C'était pendant les années 80. Nous habitions à Sefrou, une petite ville à une heure de Fez. Notre maison  aux murs blanchis à la chaux était entourée d'un grand jardin planté de rosiers, de néfliers et d'agaves. Il y avait un immense abricotier qui croulait sous les fruits en été. Parfois je mettais mon réveil à sonner avant l'aube et montais sur la terrasse avec mon frère pour voir le soleil se lever sur les sommet enneigés du Bou-Iblane, dans l'Atlas.

Cette année-là, le ramadan tombait en plein été. Ma mère avait décidé de nous emmener passer deux semaines en rase campagne, dans une ferme perdue au sud de Marrakech. Elle aimait bien rouler comme ça, partir le soir après la chaleur, embarquer ses enfants dans la voiture, des couvertures, des coussins, deux ou trois paniers empilés dans le coffre, et parcourir la moitié du pays.

Nous avions traversé des villages endormis et des forêts d’eucalyptus. Mon frère et moi inventions des histoires en contemplant le paysage qui se déroulait comme un film derrière l’écran des vitres. Nous comptions les villes et les villages, attendant l’arrêt  à mi-chemin pour refaire le plein d’essence et manger du poulet rôti et des frites dans le petit restaurant que nous aimions.

Après avoir roulé pendant des heures, nous sommes descendus de voiture en essayant de deviner dans l’obscurité à quoi ressemblait notre destination. Il n’y avait qu’une seule chose à voir, et c’était immense, incroyable : le ciel semblait posé sur nous, à quelques mètres à peine, tellement les étoiles étaient proches, et elles filaient en tous sens, comme un feu d’artifice.

Longtemps après, je n’étais déjà plus une petite fille et nous n’habitions plus au Maroc, ma mère m’a dit qu’elle avait voulu créer dans cet endroit une ferme communautaire, où tout le monde aurait d’abord enlevé les cailloux, défriché, puis irrigué et planté de vastes potagers, et des vergers où auraient prospéré des arbres fruitiers de toutes sortes.

Mais lorsque nous sommes arrivés là-bas cet été-là, il n’y avait que des champs de cailloux et de blé, allongés sous une pluie d’étoiles filantes. Nous sommes entrés dans la maison où une grande famille nous attendait. Plus tard nous leur avons souhaité bonne nuit, et après avoir traversé une partie de l’étendue caillouteuse qui faisait face à la maison, nous nous sommes trouvés devant une étrange petite bicoque, posée sur des roues qui m’ont semblé gigantesques. Il fallait escalader une échelle instable pour entrer dans l’unique pièce.

C’était une vieille, très vieille roulotte, toute en bois, du plancher au plafond. La flamme de la bougie que ma mère tenait à la main dansait sur les murs. Au fond de la roulotte, des planches formaient un grand lit d’un côté à l’autre, suspendu à plus d’un mètre du plancher. C’était notre chambre, une petite maison de nomades que mon imagination peuplait du chant du vent dans les blés et du cahot des chemins. Les fenêtres, entre les fentes des volets clos, me laissaient entrevoir l’effet hypnotique du défilement de la route.

Je m’endormis en pensant au cheval qui avait dû autrefois se trouver entre les bras de la roulotte. Il aurait été merveilleux d’être allongée sur le lit, dans un nid moelleux de couvertures, et de rouler toute la nuit à travers des paysages invisibles, bercée par le pas du cheval… Les murs de bois avaient l’odeur de la forêt, le bruissement des eucalyptus bleus emplissait la roulotte. Au-dehors les cigales n’en finissaient pas de crépiter. 

Les journées s’écoulaient paisiblement. Nous allions marcher dans les collines arides. S’il n’y avait eu quelques champs de blé à mûrir au soleil, elles auraient semblées lunaires. Il y avait un cheval, couleur chocolat avec un losange blanc sur le nez, qui broutait le peu d’herbe qui poussait là. Mon frère et moi allions lui caresser les naseaux, qu’il avait soyeux et frémissants. Nous faisions des parties de cache-cache avec les enfants de la ferme, et d’interminables courses à travers les champs de cailloux.

Le soir, dans la roulotte, je rêvais au cheval qui attendait tout seul sous la lune d’être attelé à notre chambre pour nous emmener ailleurs, au bord de la mer par exemple. Nous nous serions réveillés sur une plage, il aurait suffit de sortir du lit, descendre l’échelle, et courir vers les vagues.

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