10 octobre 2009
I can smell my own fragrance

Citrons verts et moustiquaire

C’est l’heure de la sieste sous les tropiques. La canicule. Le galop des iguanes martèle le toit de tôle. Un filet de sueur dévale doucement le long de mon dos, et les fils de plastique du rocking-chair s’impriment sur ma peau.
Le jardin est suspendu au zénith, visité par les papillons, les vaches et les écureuils. Comme de grands balanciers, les bras des hibiscus chargés de corolles écarlates s’élancent au-dessus de la pelouse. Pas un souffle ne décoiffe les palmiers. Poussière étale sous les bananiers. La rue déserte est assoupie.
Dans la maison, seuls vrombissent les ventilateurs. La moustiquaire palpite dans l’air chaud brassé sans succès. Je rêve de cascades glacées, d’ombre fraîche, de brise et de jus de fruits dans de grands verres embués remplis de glaçons. Tant que dure la pleine chaleur, je ne fais rien d’autre qu’attendre. Accablée de paresse et de volupté, j’attends que s’éloigne le moment de la sieste.
Ces quelques heures de torpeur finissent par s’estomper petit à petit. Je m’ébroue mollement, me lève et marche pieds nus sur le carrelage blanc éblouissant. Le marchand de fruits passe devant le jardin. Il vend des pastèques, des oranges, des ananas, des melons.
Je fais parfois la lessive l’après-midi, dans la vieille machine à laver qui n’essore plus, sous la véranda à l’arrière de la maison. Les voisins écoutent de la salsa à la radio. Les draps se gonflent sur les cordes à linge. Le soleil en fait des voiles de navires prêts à appareiller vers le large.
Puis je descends à la plage, laver dans les hautes vagues vertes du Pacifique cette langueur accumulée. L’océan est chevauché par des dizaines de surfeurs aux muscles de bronze entre lesquels les pélicans viennent pêcher. Le ciel, maquillé de violet et d’orange, est immensément lumineux. Dès cinq heures le soleil glisse de l’autre côté de l’horizon à toute vitesse. Je remonte vers les cocotiers qui bordent le sable, vers le crépuscule qui descend sur les montagnes sanguines.
Dans les petites rues qui mènent à la plage, des odeurs de poisson grillé s’échappent des restaurants, sous les gigantesques bougainvillées qui montent à l’assaut des palmiers.
Des filles en maillot de bain déambulent dans des sillages de parfums intoxicants. Des vélos transportant des familles entières croisent des taxis rouges d’où s’échappent des airs de reggae.
La lumière se retire goutte à goutte du ciel transparent comme de l’eau. La nuit est bleue, elle crépite de milliers d’insectes ; elle se clôt telle une paupière lourde sur l’éclat du jour. Les frondaisons des palmiers se découpent en clair-obscur, griffures à l’encre de chine sur un vestige d’outre-mer.
La lune se pavane, suspendue à l’envers. La rumeur des vagues remonte au jardin. C’est l’heure la plus douce sous les tropiques, celle où les promesses de la nuit se lèvent, annonciatrices de danses brûlantes et chaloupées, de peaux luisantes et de regards fiévreux. C’est l’heure où se préparent les fêtes nocturnes, pour oublier la lenteur insensée des jours.
Costa Rica, hiver 2001
28 septembre 2009
Hamac

Cahuita, sur la côte caraïbe du Costa Rica. Un petit bout de paradis sur Terre.
27 septembre 2009
Une roulotte sous les étoiles filantes

C'était pendant les années 80. Nous habitions à Sefrou, une petite ville à une heure de Fez. Notre maison aux murs blanchis à la chaux était entourée d'un grand jardin planté de rosiers, de néfliers et d'agaves. Il y avait un immense abricotier qui croulait sous les fruits en été. Parfois je mettais mon réveil à sonner avant l'aube et montais sur la terrasse avec mon frère pour voir le soleil se lever sur les sommet enneigés du Bou-Iblane, dans l'Atlas.
Cette année-là, le ramadan tombait en plein été. Ma mère avait décidé de nous emmener passer deux semaines en rase campagne, dans
une ferme perdue au sud de Marrakech. Elle aimait bien rouler comme ça, partir le soir
après la chaleur, embarquer ses enfants dans la voiture, des couvertures, des
coussins, deux ou trois paniers empilés dans le coffre, et parcourir la moitié
du pays.
Nous avions traversé des villages endormis et des
forêts d’eucalyptus. Mon frère et moi inventions des histoires en contemplant
le paysage qui se déroulait comme un film derrière l’écran des vitres. Nous
comptions les villes et les villages, attendant l’arrêt à mi-chemin
pour refaire le plein d’essence et manger du poulet rôti et des frites dans
le petit restaurant que nous aimions.
Après avoir roulé pendant des heures,
nous sommes descendus de voiture en essayant de deviner dans l’obscurité à quoi
ressemblait notre destination. Il n’y avait qu’une seule chose à voir, et c’était
immense, incroyable : le ciel semblait posé sur nous, à quelques mètres
à peine, tellement les étoiles étaient proches, et elles filaient en tous sens,
comme un feu d’artifice.
Longtemps après, je n’étais déjà plus une petite
fille et nous n’habitions plus au Maroc, ma mère m’a dit qu’elle avait voulu
créer dans cet endroit une ferme communautaire, où tout le monde aurait d’abord
enlevé les cailloux, défriché, puis irrigué et planté de vastes potagers, et
des vergers où auraient prospéré des arbres fruitiers de toutes sortes.
Mais lorsque nous sommes arrivés là-bas cet été-là,
il n’y avait que des champs de cailloux et de blé, allongés sous une pluie
d’étoiles filantes. Nous sommes entrés dans la maison où une grande famille
nous attendait. Plus tard nous leur avons souhaité bonne nuit, et après avoir
traversé une partie de l’étendue caillouteuse qui faisait face à la maison,
nous nous sommes trouvés devant une étrange petite bicoque, posée sur des roues
qui m’ont semblé gigantesques. Il fallait escalader une échelle instable pour
entrer dans l’unique pièce.
C’était une vieille, très vieille roulotte, toute en
bois, du plancher au plafond. La flamme
de la bougie que ma mère tenait à la main dansait sur les murs. Au fond de la
roulotte, des planches formaient un grand lit d’un côté à l’autre, suspendu à
plus d’un mètre du plancher. C’était notre chambre, une petite maison de nomades
que mon imagination peuplait du chant du vent dans les blés et du cahot des
chemins. Les fenêtres, entre les fentes des volets clos, me laissaient
entrevoir l’effet hypnotique du défilement de la route.
Je m’endormis en pensant au cheval qui avait dû
autrefois se trouver entre les bras de la roulotte. Il aurait été merveilleux
d’être allongée sur le lit, dans un nid moelleux de couvertures, et de rouler
toute la nuit à travers des paysages invisibles, bercée par le pas du cheval…
Les murs de bois avaient l’odeur de la forêt, le bruissement des eucalyptus
bleus emplissait la roulotte. Au-dehors les cigales n’en finissaient pas de
crépiter.
Les journées s’écoulaient paisiblement. Nous allions
marcher dans les collines arides. S’il n’y avait eu quelques champs de blé à
mûrir au soleil, elles auraient semblées lunaires.
Le soir, dans la roulotte, je rêvais au cheval qui
attendait tout seul sous la lune d’être attelé à notre chambre pour nous
emmener ailleurs, au bord de la mer par exemple. Nous nous serions réveillés
sur une plage, il aurait suffit de sortir du lit, descendre l’échelle, et
courir vers les vagues.
22 septembre 2009
Géométrie de la nuit


Etre le maître de ses caprices est exquis, être leur esclave est mieux encore. Oscar Wilde
04 septembre 2009
Champagne...

12 août 2009
Venice by night

La beauté des jours n'avait rien à envier à celle des nuits.
11 août 2009
Labyrinthes
Sur nos pas se lèvent des mirages, sous nos yeux tourbillonnent les présages.
Ici et ailleurs, le monde est la somme de tous les possibles. Attendez-vous au meilleur, toujours. Au pire, vous n'aurez fait que rêver. Au mieux, vos désirs seront en-deça de la réalité.
05 août 2009
Summer shadows




Et la lune, tout l'été, a dansé avec les ombres...
01 août 2009
She was a fetish

Elle était tout sauf ce que l'on en attendait... et ce fut source de chaos, de passion et d'explosion. Les mythes sont les nourritures célestes des amours terrestres.
12 juillet 2009
Vilaine Kermesse, festival off









Le manque de sincérité est-il une
chose si terrible? C'est simplement
une méthode qui nous permet de multiplier nos
personnalités. Oscar Wilde
Purple wig




Dimanche 11 juillet 2009, Rennes. Un lendemain de fête, un essayage de perruque mauve dans le jardin des Lucioles. Soleil, bières, atmosphère légère. Parfois la vie sourit, juste parce qu'on est là, parce qu'il y a des gens avec qui tout est simple et drôle. Quels sont les comédiens? Tous.
08 juillet 2009
Cocktail

24 juin 2009
Icônes nues au bataillon


Exposition "Icônes nues au bataillon", collages et photos. Du 24 au 30 juin 2009, visible sur rendez-vous (c'est dans l'appartement de Virginie, transformé en galerie pour l'événement) au 10, rue Flandres Dunkerque, à Nantes.
Contact 06 88 22 64 09 Virginie 06 60 02 13 44 Caroline 06 12 33 23 47 Eléonore

Vernissage, mardi 24 juin, de cette exposition que nous souhaitons faire circuler, évoluer, se prolonger de diverses façons.
20 juin 2009
Pink


15 juin 2009
Just married

Samedi 14 juin 2009, 1h55. Charlotte et Pierre.
08 juin 2009
Histoires d'étoiles
Il existe une catégorie de photos à part : celles que l'on meurt d'envie de faire, parce qu'elles permettraient de capturer un moment unique, somptueux, incroyable, mais que l'on ne fait pas. Soit parce qu'on n'a pas pris son appareil photo, soit parce que la batterie est à plat, soit parce qu'il s'agirait d'une photo volée, soit parce que l'on ne veut pas risquer de rompre un équilibre hasardeux mais parfait.
Ce sont ces images que la mémoire immortalise le mieux. J'en ai une de plus, que je ne mettrai donc pas en ligne puisqu'elle n'existe pas ailleurs que dans mes souvenirs. Un instant magique et unique. Une scène plus parfaite que ce que l'imagination peut créer. Une photo que je n'ai pas prise parce que les étoiles sont faites pour rester accrochées au ciel. On ne les ramène pas sur terre.
04 juin 2009
Flowers




03 juin 2009
Tourbillons

Pour tous les moments où une brèche s'ouvre dans l'espace temps : la vie vaut d'être vécue.
31 mai 2009
Ozone




